Rapport des femmes à l’alimentation Patriarcat, capitalisme et droit de ne pas se conformer
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, il est nécessaire d’affirmer une chose clairement :
Le rapport des femmes à l’alimentation n’est pas un simple sujet nutritionnel.
Il est politique.
Il est façonné par des normes esthétiques, par une exigence de perfection, par la charge mentale… et par deux systèmes structurants : le patriarcat et le capitalisme.
Je suis Sophie Schoelinck, diététicienne-nutritionniste à Charleroi, titulaire d’un DU en genre et discrimination.
Mon approche est explicitement féministe : elle considère que les difficultés alimentaires des femmes ne peuvent être comprises sans analyser les rapports de pouvoir qui traversent leur corps.
En consultation, je rencontre des femmes épuisées par la pression à la minceur, la culpabilité alimentaire et l’injonction permanente à être “maîtrisées”.
Ce n’est pas un problème individuel.
C’est un système.
Qu’est-ce que le rapport des femmes à l’alimentation ?
Le rapport des femmes à l’alimentation désigne l’ensemble des normes sociales, représentations culturelles et contraintes intériorisées qui influencent :
- leur manière de manger
- leur perception corporelle
- leur sentiment de valeur
- leur rapport au contrôle
Il ne s’agit pas uniquement de nutrition.
Il s’agit de place.
Patriarcat et capitalisme : comment façonnent-ils le corps féminin?
Le patriarcat valorise historiquement les femmes pour :
- leur apparence
- leur minceur
- leur capacité à plaire
- leur discrétion
Le corps féminin devient un territoire surveillé.
Le capitalisme exploite cette insécurité :
- régimes successifs
- programmes minceur
- compléments
- promesses de transformation
L’insatisfaction devient un marché rentable.
La pression à la minceur n’est pas neutre.
Elle est structurée.
10 droits fondamentaux en lien avec l’alimentation
- Le droit de manger sans culpabilité
La culpabilité alimentaire est une construction sociale.
Manger n’est pas une faute morale.
- Le droit de ne pas correspondre aux normes de poids
Votre valeur ne dépend pas d’un chiffre.
- Le droit de ne pas suivre chaque nouveau régime
Refuser la spirale des tendances alimentaires, c’est refuser la marchandisation du corps.
- Le droit de ne pas être parfaite
Parfaite au travail.
Parfaite à la maison.
Parfaite dans son alimentation.
Cette exigence épuise.
- Le droit de ne pas être mère
La maternité n’est pas une obligation.
Une femme ne se définit pas par sa fonction reproductive.
- Le droit de ne pas “récupérer son corps” après une grossesse
Le corps post-partum a le droit d’avoir changé.
- Le droit de prendre de la place
Prendre de la place dans l’espace public… et dans son assiette.
- Le droit d’être accompagnée sans être jugée
La honte n’a pas sa place en consultation.
- Le droit de reconnaître la charge mentale
La surcharge mentale influence profondément le comportement alimentaire.
- Le droit de redéfinir son rapport à l’alimentation
Sortir du contrôle.
Comprendre son histoire.
Se réapproprier son corps.
Mon engagement féministe en consultation
Mon engagement contre les violences faites aux femmes traverse ma pratique.
Dans mes consultations à Charleroi, je travaille notamment sur :
- l’exigence de perfection
- l’image corporelle
- la charge mentale
- l’impact des violences symboliques
- la pression professionnelle
- l’équilibre travail / vie privée
Le poids devient souvent le symptôme visible d’une pression invisible.
Accompagner, c’est aussi déconstruire.
FAQ – Rapport des femmes à l’alimentation
Pourquoi les femmes ressentent-elles plus de culpabilité alimentaire ?
Parce qu’elles ont été socialisées plus fortement au contrôle du corps.
Quel est le lien entre féminisme et alimentation ?
Le féminisme analyse comment les normes patriarcales influencent la gestion du corps féminin.
Peut-on travailler son rapport à l’alimentation sans régime ?
Oui. En explorant l’histoire personnelle et sociale derrière les comportements alimentaires.
Les droits des femmes ne concernent pas uniquement la sphère professionnelle.
Ils concernent aussi :
- le droit de se nourrir librement
- le droit de ne pas se conformer
- le droit d’exister sans se restreindre
En tant que diététicienne-nutritionniste à Charleroi, formée aux questions de genre et discrimination, je considère que travailler sur le poids et l’alimentation, c’est aussi travailler sur les rapports de pouvoir.
Se nourrir librement peut devenir un acte profondément politique.




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